Plateforme des données de santé : retour d’expérience sur l’accompagnement de la DINUM dans le choix d’un cloud souverain

Publié le lundi 8 juin 2026

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Dans le cadre de la migration de la plateforme des données de santé (ex Health Data Hub) vers une infrastructure cloud souveraine, la DINUM a joué un rôle central, depuis la définition des exigences techniques jusqu’à la sélection de Scaleway. Une démarche exigeante, fondée sur plus de 350 critères, qui illustre la capacité de l’État à opérationnaliser sa doctrine "Cloud au centre" et à garantir la souveraineté des données de santé. Entretien avec Arthur DASSIER, expert interministériel cloud au sein de la DINUM pour décrypter les enjeux, les défis et les perspectives de ce projet emblématique.

La DINUM a été sollicitée très en amont de ce processus : pourquoi et comment votre expertise a-t-elle structuré la démarche de sélection ?

"Dès les premières étapes de ce projet, la DINUM a joué un rôle central et structurant, bien au-delà d’un simple appui ponctuel. La mission interministérielle d’expertise cloud nous a positionnés comme un partenaire clé aux côtés des équipes techniques de la plateforme des données de santé (PDS), notamment pour affiner et consolider les exigences techniques. Notre intervention a consisté à analyser, reformuler, voire repenser certaines de ces exigences afin d’en garantir la pertinence, l’applicabilité et l’équilibre entre priorités et faisabilité. En effet, les services proposés par les fournisseurs de cloud, bien qu’apparentés, présentent souvent des spécificités techniques majeures qu’il convient d’évaluer avec rigueur."

Vous avez travaillé sur plus de 350 exigences techniques : qu'est-ce que cela dit de la capacité de la DINUM à traduire des enjeux de souveraineté et de sécurité en critères opérationnels concrets ?

"Ce travail sur plus de 350 exigences techniques illustre une compétence clé de la DINUM d'opérationnaliser des enjeux stratégiques hautement complexes, comme la souveraineté et la sécurité, en exigences techniques précises et actionnables. Cette expertise repose à la fois sur le recrutement de profils qualifiés, recrutés pour leur maîtrise des opérations cloud, de cybersécurité et sur la conception d'outils, qui nous permettent d'analyser finement les projets que nous accompagnons.

Grâce à cette double approche, nous sommes en mesure non seulement de conseiller les responsables des projets dans leur globalité, mais aussi d’élaborer des doctrines et référentiels adaptés, alignés sur les besoins concrets des opérateurs publics."

En quoi cet accompagnement illustre-t-il ce que la doctrine Cloud au centre change concrètement pour les opérateurs de l'État ?

"Ce projet est un exemple concret de la mise en œuvre de la doctrine "Cloud au centre" car la doctrine n’est pas un simple cadre théorique, mais un levier opérationnel qui permet à la fois d’identifier et de sélectionner des solutions cloud souveraines et performantes, adaptées aux enjeux critiques de l’État ; de garantir une approche structurée et rigoureuse, depuis la définition des exigences jusqu’à la sélection des fournisseurs ; de renforcer la cohérence et l’efficacité des projets numériques publics, en s’appuyant sur une expertise ainsi que sur des retours d’expérience partagés.

La DINUM ne se contente pas de rédiger la doctrine : elle en assure l’application effective sur le terrain, en accompagnant les opérateurs de l’État dans leur transition vers des infrastructures cloud alliant souveraineté, sécurité et performance."

Quel signal cela envoie-t-il à l'ensemble des opérateurs de l'État qui ont des chantiers cloud devant eux ?

"Ce projet envoie un message fort à l’ensemble des acteurs publics engagés dans des démarches cloud. Les solutions françaises et européennes ont désormais atteint le niveau de maturité technique permettant de répondre à des besoins complexes et exigeants, comme ceux de la PDS.

Ce choix est bien le résultat d’une analyse approfondie des spécificités techniques des offres disponibles, alignée sur les priorités de la stratégie nationale pour le cloud. Ce choix prouve que la maturité des acteurs français du cloud est une réalité, et elle doit être encouragée et amplifiée par des actions concrètes :

  • Renforcer la cybersécurité et les mécanismes de cyberdéfense en profondeur, notamment pour les infrastructures critiques.
  • Développer des outils de suivi et d’optimisation de la consommation cloud, afin de garantir une utilisation efficace et responsable des ressources.
  • Structurer des capacités robustes pour l’hébergement de l’intelligence artificielle, un enjeu stratégique majeur et immédiat.

Pour y parvenir, il est essentiel de combiner commande publique et adoption des solutions cloud commerciales de confiance. La DINUM est prête à accompagner les opérateurs de l’État dans cette dynamique, pour faire de la souveraineté numérique une réalité opérationnelle et pérenne."

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